Vampire psychique

 

 

 

 

Cette semaine, le magazine ELLE décrit un nouveau type de personnages menaçant les femmes : le vampire psychique. L’image est parlante. Cet être – homme comme femme – est toxique. Il s’agit de le repérer et de s’en défendre. Il vient, cette saison, prendre la place du grand gagnant de l’année dernière, le pervers narcissique. 

Le vocabulaire n’est pas le même. Avec ce dernier, on est encore dans une forme de science. La notion de perversion était chez Freud et le narcissisme est au centre des préoccupations des psychiatres actuels, qui parlent d’épidémie, de maladie du siècle. Avec le vampirisme psychique, on est dans le roman gore, peuplés de fantômes et de suceurs de sang. Pour le psychiatre Stephane Clerget, qui en a fit le titre de son dernier livre,  il s’agit de dénoncer des voleurs d’énergie, ceux qui viennent nous prendre notre fluide le plus vital et nous laissent exsangue. Très proches, dans le réel, des voleurs d’organes, qui piquent à de jolies jeunes femmes qu’ils ont droguées, leur foie ou leur cœur pour les revendre.

Sous la surface vintage amusante, il faut s’interroger sur le retournement qui est à l’œuvre Car le vampire n’est pas la vamp ! Elle, en coupant le mot, a inventé la femme fatale du XXème siècle, inventée pour l’actrice américaine du muet : Theda Bara, première sex-symbol de l’industrie hollywoodienne. Lui, en remettant le suffixe, remet des ombres, négatives, agressives. Vamper voulait dire séduire et a disparu. Vampiriser en revanche augmente son terrain d’action, employé désormais couramment en politique (Angela Merkel a vampirisé les idées des verts allemands) comme en économie (les entreprises financent et vampirisent les start-up). On est passés en un siècle de la séduction à l’exploitation.

Mariette Darrigrand

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