Tresse

 

 

Probablement avez-vous remarqué comme moi la vogue des tresses…

Sont particulièrement visibles en ce moment, celles de la jeune Greta Thunberg, inspirées de toute évidence par celles de Daenerys, la belle héroïne de Game of Thrones. Ces tresses nous disent qu’une militante du climat est une dompteuse de dragons, que les cheveux noués composent un casque. Qu’ils harmonisent dans une même personne la Jeune fille et le Guerrier…

La natte – sage comme une image de collégienne nordique – s’oppose symboliquement à la « femme en cheveux » comme l’on disait au XIXème siècle : une femme décorsetée, libérée de tout chignon ou de tout voile, et qui dans les années 68, se lâche, chevelure et seins au vent, nouvelle bacchante courant après Bacchus, le dieu antique du désordre.

La tresse actuelle dit en contraste que le travail du tressage d’osier ou de laine reste une tâche chaque jour remise sur le métier de Pénélope, que les Parques sont à jamais de patientes tisseuses de destins. Que combattre c’est tenir, et que tenir c’est créer des liens forts – entre l’Homme et la nature par exemple.

Le livre de Laetitia Colombani, La tresse– énorme succès – le montre aussi à sa façon en mêlant les fils de trois histoires de femmes : une canadienne, une sicilienne et une indienne – habitante d’un pays où compte particulièrement cet art de nouer les cheveux féminins.

Les tutos de coiffure sont parmi ceux qui marchent le mieux. A leur façon, ils mettent en application ce lien du pratique et du symbolique.

Observer les tendances est passionnant pour cela : sous les modes éphémères, se trouvent toujours de grands gestes humains.

Mariette Darrigrand

 

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