Taking a knee

 

 

Sans aucun rapport avec le Covid, poser un genou à terre pour protester contre les violences policières aux Etats-Unis est en train de devenir à son tour, pandémique. Cet acte symbolique dénonce un acte criminel  et en retourne le sens, disant deux choses caractéristiques de notre monde : le besoin de signes universels et le langage du corps.

Une même racine ancestrale est à l’origine de la branche anglo-saxonne du mot (knee, knie) et de la branche romane (genou, ginocchio, joelho), un même son, genu, pouvant évoluer vers le K ou le G/J… Seul l’espagnol préfère l’idée de rotule (rodilla).

Cet agenouillement a quelque chose de religieux, montrant une attitude de respect, puisque littéralement re-spectare signifie : se retirer devant la divinité pour la regarder en se faisant petit devant elle. En s’agenouillant.

Mais il est aussi un adoubement : le geste du jeune vassal qui prête serment devant son suzerain. Il s’engage à le servir et à être un chevalier pour la vie. En s’élevant à la hauteur de sa noble mission.

Taking a knee est donc un double geste qui fait mouvement vers le bas pour mieux indiquer la hauteur de vue. Comme s’il voulait mixer le poing levé des black panthers et les sit-in contre la guerre du Viet-Nam.

C’est le joueur de football Colin KAEPERNICK qui a inventé cet oxymore gestuel en 2016. Individu parlant avec son corps à d’autres individus, il est devenu égérie de NIKE qui a compris immédiatement l’efficacité de ces gestes hautement communicatifs.

D’autres marques vont suivre car dans notre monde de communication virale, la contagion se faire aussi ainsi, de corps à corps, et pour de bonnes causes.

Mariette Darrigrand

 

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