RETRAITE

 

Vivement qu’il prenne sa retraite ce mot !

Nous l’avons beaucoup trop entendu ces trois derniers mois, comme s’il ne se passait rien d’autre dans le monde…

Durant cette période, un magazine féminin m’a demandé de le décrypter… mais c’était dans le cadre d’un article sur le yoga ! Se retirer quelques jours dans un lieu enchanteur quand on est stressé par son travail, pour se reconnecter à la nature et à son moi profond… Beauté et sensorialité, bien loin des luttes sociales.

Il s’agit là de l’origine religieuse du mot. Quitter la vie sociale et s’éveiller au divin et à l’élan vital que chacun porte en soi et peut développer à tout âge… Le français de la Renaissance – comme l’anglais aujourd’hui – parlait alors de Retirement.

Retraite a une deuxième branche, beaucoup moins poétique, évoquant la traite au sens de salaire. La re-traite est le salaire que l’on touche lorsqu’on ne travaille plus.

En français les deux mots – l’un immatériel, l’autre matérialiste – se sont amalgamés pour n’en former qu’un. Alors qu’en espagnol par exemple, on peut encore faire la différence entre El retiro et la jubilacion – jouissance pécuniaire…

Dans les années 60, la retraite est devenue une catégorie du droit social. Toute une longue vie de labeur n’était couronnée que par une courte vie de loisir. En moyenne 7 ans de retraite à l’époque.

Actuellement c’est presque trente qui s’ouvrent devant celui ou celle qui arrête sa vie professionnelle .  Ce nouveau monde à habiter et arpenter sera actif et créatif.

Comment peut-on l’appeler « retraite » ?

Retraite, regardons-bien ce mot, car bientôt il aura disparu…

Mariette DARRIGRAND

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