Réanimation

 

 

 

Il semble que ce soit le poète Joaquim Du Bellay, qui dans les années 1549, ait le premier utilisé le mot « Réanimation ».

Il ne parlait pas de service hospitalier, on s’en doute, mais de la manière dont la nature reprend vie au printemps.  Il voulait célébrer la végétation quand elle se re-anime : quand son anima, son âme, lui fait remonter la sève dans les veines. La renaissance – ce printemps civilisationnel que le poète vit alors en direct – est à l’œuvre.

La dimension médicale du mot arrive tard, au XXème siècle, avec les soins intensifs modernes. Ce sont ces stimulations bienfaitrices du souffle de vie qu’ont défendues les médecins et infirmiers le premier mai à La Pitié-Salpêtrière. Ils l’ont fait contre la foule ambigüe, prise entre le désir d’agresser et celui de se réfugier. Entre la victimisation et l’intrusion.

Au sens symbolique, filer droit en « réa » (les signalétiques d’hôpitaux sont très lisibles) faisait penser à un épisode très ancien de notre histoire mythologique : ce moment où le dieu Dionysos, familier des accès d’ivresse ou de folie, a été soigné par la grande déesse archaïque, mère de Zeus et de quelques autres olympiens, dont elle savait calmer les ardeurs. Moins connue que sa fille Démeter ou que sa cousine biblique, Marie, elle s’appelait Rhéa…

Un nom facile à retenir.

Mariette Darrigrand

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