Morale

 

Nous saurons dans quelque temps si François de RUGY a vraiment enfreint la loi . Pour le moment, il est critiquable pour des raisons morales plutôt que strictement légales. Or, cette distinction entre la loi et la morale est intéressante.

« Morale » vient de « mœurs » : en latin mores. Mores viris et poenia ponet. Donner des mœurs et des remparts aux hommes en âge de combattre, disait Virgile pour parler du bon gouvernement.

Cela nous dit d’abord que la morale est une question d’habitudes : les bonnes mœurs ce sont les bons usages. Et cela, jusque dans la grammaire. Le bon usage, célèbre ouvrage de Jules GREVISSE, fait la liste de toutes les expressions françaises : lois et exceptions – partie prenante dudit usage, et capables de le faire évoluer. Autres temps, autres mœurs

Le monde actuel, fait de défiance envers le politique et de sensibilité aux injustices sociales, doit être clair sur ses mœurs. Dans le cadre de l’entreprise, on parlerait de « bonnes pratiques ». La classe politique ne peut échapper à cette dimension RSE (responsabilité sociale et écologique), qui fait partie des nouvelles attentes… Même si la loi est toujours en retard d’une affaire, la morale, elle, doit donc se doter d’un sixième sens à la fois éthique et prospectif. François de RUGY n’en est à coup sûr pas doté – politique « honnête » au sens premier, et aussi au sens de « moyen, sans plus »…

Toutefois, l’origine du mot « Morale » pose une autre question. Les nouvelles mœurs journalistiques doivent-elles reposer sur un pouvoir qui cherche à devancer la loi ? Un journalisme inquisiteur qui voudrait faire justice à la place du Juge ?

La morale pourrait alors être sauve, mais non pas nos mœurs démocratiques dans laquelle le quatrième pouvoir n’est pas le premier.

Mariette DARRIGRAND

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