Millenials

 

La critique de la notion de Millenials s’est ouverte. Comme toute remise en cause d’une doxa – une notion figée -, elle est intéressante. Est paru il y a quelques semaines le livre de Vincent Cocquebert – Millennial Burn-Out / éditions Arkhê- qui discute entre autres le fait d’assigner à résidence dans une seule catégorie d’âge des comportements répandus dans toute la société.

De manière drolatique, l’auteur donne l’exemple de son père de 72 ans, veuf récent qui se comporte comme un gamin avec sa nouvelle girl-friend brésilienne. Il se dispute avec elle au milieu de la nuit (française), via Skype, ce qui réveille son fiston beaucoup plus raisonnable, et pas à la retraite, lui… Monde à l’envers, renversement des responsabilités. Ce n’est plus comme dans la Bible, le fils qui fait le père, mais le père qui fait le fils au sens de faire le fou, l’ado, le jeune amoureux…

Au-delà de la critique « marketing » d’une certaine technique de ciblage – que d’ailleurs les data avec leurs agrégats communautaires contestent de leur côté – ce qui est intéressant ici, c’est de voir qu’une formule publicitaire, certes bien pratique, peut cacher un phénomène sociologique, beaucoup plus riche.

En l’occurrence, l’infantilisation générale, le fait que vouloir rester un enfant gâté ou un ado désirant, est un insight fort répandu par les temps qui courent : temps sombres où l’on a envie de s’amuser de 7 mois à 177 ans… Mais aussi temps lumineux de révolution démographique. Si la société de centenaires arrive, 70 ans est jeune… Un âge idéal pour partir en Erasmus et vivre – ou revivre – l’amour libre des 70’…

Mariette Darrigrand

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