FORET

 

 

 

Voilà un mot très tendance, remis à la mode en particulier par l’un des best-sellers de 2017 : La vie secrète des arbres. Le forestier allemand Peter Wohlleben y explique comment la forêt forme une société à l’image de celle des humains, habitée par des êtres sensibles, ayant le sens de la solidarité, capables de s’associer avec d’autres, par un  WWW, wide wood web animé par des champignons très communicants…Avec cette vision, nous sommes au cœur de l’interdépendance des règnes – humain, végétal, animal, minéral proches et unis.

Cette représentation de nous-mêmes et du monde, de nous-mêmes dans le monde, nous l’avions encore à la Renaissance, avant que l’esprit de raison ne nous coupe de la nature. Aujourd’hui, d’autres cultures, asiatiques en particulier, l’ont gardée et nous influencent à leur tour. En Europe, l’Allemagne, nourrie de romantisme – qui n’est rien d’autre que le sentiment écologique du XIXème siècle – a imposé précisément le mot Forêt contre le mot latin Silva… Forgée sur l’idée d’extérieur (comme foire ou foirail) et pas sur celle de végétation, la forêt vient symboliquement, de l’extérieur, pour apporter dans la ville son poumon vert, sa force tellurique. Elle fait comprendre que la prise de conscience écologique soit descendue du nord et y reste encore aujourd’hui plus puissante que dans les pays du Sud européen. Si nous avions gardé Silvia, nous serions restés dans les bosquets du Latium, délicieusement ombragés, peuplés de latin lovers sensuels nommés Sylvain et Sylvie : filles et garçons des bois plus intéressés par l’érotisme que par l’écologisme.

Mariette Darrigrand

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