Fleur

 

 

Les fleurs sont-elles tendance parce que nous sommes au printemps ou pour une raison plus profonde ? Pour le savoir, revenons un peu à nos racines… linguistiques.

Une fleur, dans le français du Moyen-Age, c’est « ce qui se déploie en haut d’une tige ». Ce n’est pas un scoop, me direz-vous, mais le geste est intéressant à reprendre car ancré dans nos racines cette fois anthropologiques. Il vient du langage dit indo-européen (avant le grec et le latin) et du son primitif : Bhlo/Phlo. Ce qui donnera « Blossom » en anglais, et « Flor »  dans les langues romaines ; puis « fleur » en français.

Que la tige soit végétale ou métallique, venue de la nature ou fabriquée par l’homme, peu importe, la floraison est un processus actif, porteur d’une forte dynamique de vie. La connotation féminine y est évidente, incarnée chez les romains dans la déesse Flore, vitale et sensuelle. Et dotée d’une féminité agissante. En latin, en latin, la mer pouvait « fleurir de bateaux » partant en guerre… Souvenons-nous aussi de l’expression « partir la fleur au fusil ».

Aujourd’hui, les notions de blossom, et de bloomingsont largement utilisés dans le naming des parfums et de certains cosmétiques. Dans la mode, les imprimés à fleurs sont revenus en force après des années de ringardise. Ils contribuent à faire renaître le Vêtement, en crise depuis des années sous sa forme austère et ses couleurs sombres. Naïfs, frais, les imprimés à pâquerettes, les nouveaux « liberty » font désormais sortir de terre, des collections, voire des marques, jolies fleurs de bitumes, jolis succès commerciaux…

Tout se passe donc comme si, dans notre époque épique, qui oblige au combat concurrentiel tous azimuts tout en voulant du Peace & Love écolo, « fleurir » était un agir : une forme d’activisme pour les femmes actuelles, mi-amazones,  mi-jeunes filles en fleurs…

Mariette Darrigrand

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