Courage

 

 

Un ancien membre d’action directe avait, en février 2016, lors d’une interview, qualifié les terroristes ayant commis les attentatsde janvier et de novembre 2015, de gens qui se “sont battus courageusement”. Il a été poursuivi et condamné pour le délit d’apologie en ligne d’actes terroristes. Il a contesté sa condamnation en s’appuyant sur le fait que dans une situation matérielle, le courage est défini comme une «qualité physique qui se manifeste instinctivement chez certains individus devant un danger matériel et qui leur permet de lutter contre ».

Mais la Cour a confirmé (par arrêt du 27 novembre 2018) le jugement, en considérant que « le courage ne pouvait être circonscrit au fait de risquer sa vie dans une action et devait être regardé comme une des principales vertus de l’Homme. Vertu indispensable à celui qui sera considéré comme un héros ».

Pour la Cour, le mot « Courage » n’a donc qu’un sens positif ayant force d’exemple. Cette analyse résulte sans nul doute de son étymologie (qui agit avec cœur) et le cœur ne saurait être que vertueux. Autrement dit, on ne peut limiter le sens du mot Courage à un comportement, il a nécessairement une dimension morale. Le courage concentre une attitude face au danger ET l’idéal qui anime cette attitude sans possibilité de les dissocier.

À l’heure de l’hubris numérique et de la viralité qui règnent sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes cherchent uniquement une superficielle confirmation de leur opinion plutôt que le sens profond des mots, il convient d’éradiquer toute appréciation pouvant suggérer que les terroristes ont une part d’exemplarité.

Courage ne peut rimer avec Terrorisme.

On ne peut pas prendre les mots sous toutes leurs acceptions sans risque pour le vivre-ensemble.

Fabrice Lorvo

 

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