Conversion

Le mot « conversion » appartient au vocabulaire religieux. C’est sous cet angle qu’il est présent dans l’actualité. Conversions à l’islam, à l’évangélisme, au bouddhisme…
Ces jours-ci, c’est dans un autre sens que la notion est employée : la conversion au bio de l’agriculture européenne.

Selon les derniers chiffres de l’Agence Bio, 5 000 exploitations agricoles françaises ont, en 2018, abandonné la chimie pour des engrais naturels et sont passées de productions intensives (blé ou colza) aux productions demandées par les consommateurs : lentilles, pois, luzerne…

Les deux usages du mot doivent se penser ensemble. Ayant besoin de physique autant que de métaphysique, notre société place, dans les deux cas, en son centre : le corps sain, voire  pur.

Le bio certes n’est pas une religion mais il a ses pratiquants du quotidien comme ses adeptes plus engagés : végétariens et ardents vegans…

De même, dans les religions actuellement attirantes, c’est un certain retour aux sources et aux racines qui s’exerce. Avec d’ailleurs le risque du radicalisme.

Dans leur dernier film, Le jeune Ahmed, les frères Dardenne, font se rejoindre les deux imageries. L’adolescent en risque de se radicaliser est remis dans le droit fil de la vie champêtre et érotique par le baiser d’une jeune fermière. Comme Adam séduit par Eve, il vit ensuite sa chute. Douloureuse ou salutaire ? Mortelle ou salvatrice ?

Le film ne répond pas à la question.La conversion garde toujours une forme de mystère. Même quand elle se vit à la campagne.

Mariette Darrigrand

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