Confinement

 

C’est avec un mot bien peu familier que nous devons vivre actuellement !

Mot technique, « Confinement » appartient au langage judiciaire : synonyme d’emprisonnement… Nous assistons en direct à son passage dans l’univers médical : confinement devenu premier soin d’urgence.

Chargé des miasmes du virus qui frappe actuellement la société humaine, « confinement » nous renvoie à ce qui, en elle, ne se modernise pas : l’effroi de la finitude.

Pourtant le mot « Fin » en latin n’est pas nécessairement négatif car il est plus géographique que temporel. La finis est l’une des formes de l’horizon. Ce que dit bien encore notre poétique, « Confins »…

Dans un film muet des années 20, titré Finis Terrae, le cinéaste Jean EPSTEIN raconte cette parabole : un jeune chercheur d’algues breton, embarqué avec trois autres goémoniers, se blesse au doigt avec un tesson de bouteille. Il est menacé d’une fièvre terrible et il faut renoncer à aller en haute mer pour faire retour sur Ouessant où attend le docteur sauveur. Un personnage aussitôt appelé ailleurs car les causes d’infection sont nombreuses lorsque la terre et la mer se côtoient d’un peu trop près…

Chance que nous avons en français, ce même mot racine a une deuxième branche. Finis est aussi à l’origine de« finalité ». La fin n’est donc pas toujours une end, elle peut être le but du voyage : l’imagination du retour au port et à la normale pour penser autrement l’avenir.

L’ordre des finalités a commencé à faire retour dans notre espace public avec la prise de conscience écologique. A quoi bon tant de consommations ? Pourquoi détruire la nature, le corps humain, pour des jouissances éphémères, dénuées de tout vrai  sens…

La crise sanitaire actuelle nous oblige à aller plus loin encore vers cette haute mer des vraies questions.

Le confinement nous fait ouvrir en grand l’horizon des questions de haute finalité.

Mariette DARRIGRAND

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