AMAZONE

 

L’amazone est l’une des figures féminines les plus aspirationnelles actuellement car elle reprend un mythe ancestral.

Dans l’Antiquité, l’a-mazone est celle à qui manque un sein (mastos en grec). Grâce à celui qui lui reste, elle bande son arc et chasse dans la forêt.

Désirant restée vierge – comme toute forêt digne de ce nom, en Amazonie ou ailleurs – elle ne nourrira jamais d’enfant. En revanche, elle sera la grande protectrice des femmes enceintes et des jeunes mères.

Sauvage, lunaire, elle vit entourée de ses biches et de ses chiens.  Pas du genre à se montrer nue. Le chasseur Actéon qui l’a surprise au bain en fera les frais. Démembrement immédiat, castration totale.

Des petites filles naissent actuellement et portent ce prénom de femme puissante. Signe des temps : temps durs, temps épiques, temps écologiques.

L’Amazone contemporaine la plus connue est Katniss Everdeen, héroïne de Hunger Games, célèbre lanceuse de flèches contre l’ennemi.

Prune Noury donne sa version poétique avec l’exposition joliment titrée « L’Amazone érogène ». La vierge à l’archet y jette des flèches amoureuses, sur l’air d’une chanson-déclaration d’amour co-écrite par la plasticienne avec Daniel Pennac et Mathieu Chédid. Les jumelles Ibeyi, plus sirènes que chasseresses, les accompagnent.

Parfois blessées en leur sein les amazones sont des puissantes au cœur tendre.

Mariette Darrigrand

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