ACT

 

 

ACT FOR GOOD….. Par cette injonction, le grand distributeur Carrefour transforme les consommateurs français en activistes américains. Cette figure très tendance incarne bien notre situation paradoxale : plus le monde s’ouvre et semble échapper à l’individu, plus celui-ci doit agir ici et maintenant. Campagne publicitaire large, la communication Carrefour s’efforce de faire l’éloge de la sphère privée… Le film publicitaire s’introduit à l’intérieur du lave-vaisselle familial : point nodal de la révolution planétaire en marche…

Le modèle sous-jacent du discours est celui du prosélytisme religieux ou politique occidental. Dans la formule messianique, le mot « food » sonne comme le mot « good ». Faire le bien est l’éternelle mission de l’homme… bien.

Pourquoi pas ? L’ensemble du dispositif est bien organisé, et pensé dans les détails. Tout y est : de la pub sur grand écran à la présence sur les réseaux sociaux, de la tradition (poules s’ébattant dans les champs) à la modernité : ce sont les hommes nourriciers qui apportent les plats sur les tables, tandis que les femmes, plus libres que jamais, sont dans la rue – bougeant, roulant sur leur vélo…

C’est plutôt le moment qui n’est pas très bon. Le bleu-blanc-rouge mobilisateur du logo-cocarde est quelque peu terni par l’actualité. Viennent de sortir les derniers chiffres de la consommation. Pour la première fois en 2017, les français ont consommé moins en volumes, et plus en valeur, préférant notamment les produits bio à la mal-bouffe industrielle. Monsieur et madame Michu ont déjà agi avec leur caddy… Le basculement demandé par Carrefour a déjà eu lieu !

La société civile devance de plus en plus les émetteurs institutionnels. Voilà la véritable annonce de cette spectaculaire campagne…

Mariette Darrigrand

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